#Systémique – n° 10 – La résilience sera territoriale ou ne sera pas

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Concernant la bifurcation socio-écologique, « il y a des choses qui auraient été possibles, mais ce n’est plus le cas, et d’autres qui le sont encore. Il va falloir changer d’objectifs, parce que les objectifs qui étaient encore atteignables ne le sont plus » nous dit le systémicien Arthur Keller. Il approuve l’émergence de nombreuses alternatives qui tissent un plan B pour notre modèle sociétal… et recommande un plan C, car tant qu’elles aussi fonctionneront en silo, le plan B est voué à l’échec. Le plan C préconise à ces alternatives – en attendant que leur heure soit venue – de se renforcer, de s’élargir, de devenir inclusives, de se multiplier, de travailler sur le comment faire ensemble, de partager leurs expériences, de se relier entre elles sur leurs territoires et de créer des dynamiques inter-territoriales.

« L’idée est de créer tout un réseau d’alternatives, pour que, une fois au pied du mur, les gens se tourneront vers des alternatives crédibles et inspirantes, plutôt que vers le chaos et la dystopie. »

Arthur Keller est aussi un expert de la résilience, et selon lui, elle doit être territoriale. Voici 4 bonnes raisons pour penser la résilience à cette échelle :
→ Les plans de gestion de crise prévoient tous uniquement des risques « événements » ponctuels, or les risques étant systémiques, ce sont des processus qui finiront par provoquer tôt ou tard des ruptures prolongées d’approvisionnement. Un territoire sera résilient s’il est en mesure de répondre aux besoins de ses habitants à l’échelle locale. Pour gagner en autonomie, les territoires doivent donc relocaliser, diversifier et penser leur réaménagement.
→ Un changement structurel est un défi culturel, un changement de récit. Nous devons expérimenter de nouvelles façons de faire société, et cela n’est possible qu’à une échelle territoriale, pas nationale.
→ Dans un monde en descente énergétique et matérielle, nous devons apprendre à vivre et à œuvrer ensemble. C’est la « reliance ». Nous devons fédérer tout un écosystème d’acteurs du changement. Les organisations ont beaucoup à gagner à s’impliquer sur leur territoire pour renforcer la résilience de celui-ci.
→ L’empreinte écologique humaine a déjà largement dépassé la biocapacité de notre système Terre, et nous devons tout faire pour booster la régénération, localement, notamment pour préserver nos puits de carbone et le cycle de l’eau douce qui se dégradent fortement.

Je ne peux que recommander vivement l’écoute des conférences et du Mooc d’Arthur Keller (liens en commentaire).

Nous voilà arrivés au terme de cette série de 10 posts sur la Systémique. J’espère qu’elle vous aura permis de cheminer.

Au sein de la coopérative L’Alternateur, nous visons à introduire la Systémique, la Régénération et la Responsabilité territoriale lors de nos interventions dans les organisations. Nous sommes encore aux prémices d’une démarche collective. Intéressé·e ? Contactez-moi.


[Mikhal Bak – Publié sur LinkedIn le 15 janvier 2026]

👉 Après avoir exposé l’importance de l’échelle locale, Arthur Keller présente dans cet extrait vidéo les nombreuses options de « comment agir ». Voir vidéo sur le post LinkedIn. Vidéo complète de cette conférence du 18 décembre 2025 pour le Collège des Directeurs du Développement Durable (C3D) : https://youtu.be/WYli0Bg17iM

👉 Son Mooc sur Sator : https://www.sator.fr/cours/risques-systemiques-et-strategies-de-resilience