#Systémique – n° 7 – #Croissance, #CroissanceVerte et #Décroissance

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Vous aussi vous avez remarqué qu’aux infos, l’annonce de la hausse du PIB est toujours précédée par « Bonne nouvelle : … » ? Cette hausse reflète la croissance économique, la boussole de notre système. Concrètement, ça veut dire « toujours plus ». Toujours plus de production pour plus de consommation pour plus de profit. Pour cela, il faut toujours plus de ressources et d’énergie. Une croissance infinie, exponentielle, inarrêtable. Comme le souligne Arthur Keller, les économistes sont les premiers à dire que si notre modèle de croissance s’arrête de croître, tout va s’effondrer.

Il existe une variante qui nous promet de maintenir l’objectif de croissance sans dégrader l’environnement, en décorrélant croissance du PIB et impact écologique (réduction des déchets, de l’énergie, des pollutions, des émissions de gaz à effet de serre…) : la « croissance verte ».

« Est-ce possible dans un contexte de baisse énergétique et matérielle ? » interroge Arthur Keller, et il poursuit : « C’est en tout cas tout l’inverse qui est en train de se passer. La France est un des pays qui a un PIB qui croît et des émissions de GES (émissions importées incluses) qui baissent. Le message qui est porté : on a gagné, on y est presque, il n’y a plus qu’à le généraliser au reste du monde. Plusieurs pays (riches) ont réussi ce découplage, mais au niveau mondial, c’est surcompensé par les émissions de GES d’autres pays. Les pays riches ont beaucoup misé sur des activités à forte valeur ajoutée, tertiaires, largement décarbonées. »

Keller n’a aucun doute : « Il n’y aura pas de descente énergétique et matérielle sans une contraction économique. » Pour beaucoup, cette contraction, appelée aussi récession ou dépression économique, est la menace portée par la décroissance. Or « la Décroissance » n’est pas le contraire de croissance. C’est un projet politique qui s’attaque au fait qu’il va bien falloir faire avec moins – moins d’énergie et moins de matières premières – et qui cherche à organiser la descente pour limiter au maximum la casse sociale. Pour Keller, la Décroissance est une stratégie pour aller vers un nouveau projet de société, une phase transitoire pour passer du paradigme actuel de croissance infinie, insoutenable et destructeur, vers un paradigme post-croissance physiquement soutenable. Objectifs : faire mieux avec moins en sortant du productivisme, gagner en qualité de vie et sortir de la course folle et des dissonances cognitives.

C’est quand même drôle : la plupart des politiques et des économistes considèrent la Décroissance comme une idéologie, mais pas la Croissance…

Donella Meadows nous le rappelle : « Il y aura toujours des limites à la croissance. Si nous ne nous les imposons pas nous-mêmes, le système le fera. Aucune entité physique ne peut croître éternellement. »

Le découplage entre économie et écologie mise principalement sur les promesses technologiques. C’est ce que nous verrons demain.


[Mikhal Bak – Publié sur LinkedIn le 12 janvier 2026]

👉 Dans l’extrait vidéo, les courbes des schémas d’Arthur Keller représentent, en blanc, notre empreinte écologique, et en violet, la biocpacité.
👉 Lien vers la vidéo complète (28 minutes) « Effondrement : un seul scénario réaliste ? » sur NEXT – Les Mondes sensibles : https://www.youtube.com/watch?v=kLzNPEjHHb8