#Systémique – n° 5 – L’art de scier la branche sur laquelle on est assis

Hier, nous avons vu un schéma très simple qui décrit l’évolution d’une ressource non renouvelable, l’augmentation de son exploitation et la baisse de son stock, deux courbes qui se croisent, jusqu’à ce que les deux s’effondrent. Sur le long terme, à échelle humaine, quand les stocks de matières fossiles ou minérales sont épuisés, c’est tout simplement fini.

Aujourd’hui, on va s’intéresser à l’exploitation de ressources renouvelables, et là, une gestion sur le long terme est possible… sous certaines conditions. Regardez les deux schémas en illustration, ils racontent deux scénarios différents, mais qui ont le même début : l’exploitant exploite la ressource de plus en plus et le stock de celle-ci diminue.

En haut, lorsque le niveau de la ressource a atteint un pic et ne permet plus à l’exploitant de faire croître son exploitation, il poursuit son « business as usual », la ressource continue à diminuer, son exploitation suit la descente (« mais c’est toujours mieux que rien », se dit-il), jusqu’au jour où son business s’effondre.

En bas, après le pic d’exploitation et l’amorce d’une descente, l’exploitant qui a conscience de son impact et du fait que la pérennité de son business est en jeu, lève la pression qu’il exerce sur la ressource. Une fois que celle-ci s’est un peu régénérée, l’exploitation est à nouveau renforcée, la ressource rebaisse… ces courbes vont osciller ainsi et pourraient peut-être trouver à terme une nouvelle stabilité qui prendrait alors la forme de lignes quasi horizontales sur le schéma. En général, ce sont des oscillations qui sont observées.

Le premier cas est ce qui arrive à une grande majorité de ressources renouvelables surexploitées : les forêts, les sols, les poissons, etc. Certes, cela arrive lorsque l’exploitant ne s’intéresse qu’à la courbe montante de son résultat d’exploitation et absolument pas à son impact sur la ressource, mais il n’y a pas que cela. La raison est bien plus systémique qu’il n’y paraît.

Demain, nous analyserons un cas concret avec l’exemple d’une compagnie de pêche dont la ressource se raréfie.


[Mikhal Bak – Publié sur LinkedIn le 10 janvier 2026]