
Nous vivons plusieurs crises simultanément, et ignorons le fait qu’elles soient interconnectées et qu’elles s’amplifient mutuellement. Nous les traitons séparément. L’économie. Le climat. L’agriculture. La santé. La géopolitique. La technologie. La biodiversité. Les inégalités sociales. La sécurité. La politique.
Comprendre réellement la notion de Systémique pourrait tout changer.
Depuis que j’ai lu le passionnant livre « Pour une pensée systémique » de Donella Meadows, je vois des systèmes absolument partout ! Quelques exemples dans l’actualité récente : le budget de l’Etat ; le narcotrafic ; l’Ukraine ; le libre-échange UE-Mercosur ; la dermatose nodulaire ; la Maison blanche ; le Kremlin ; la mousson en Asie du Sud-Est ; les loups en France… TOUT fonctionne en systèmes.
Pour résumer le concept à l’extrême, un système se matérialise par la relation entre une structure, faite de stocks et de flux, et des comportements qui régissent ces flux et donc l’état des stocks, autrement dit, des réactions qui agissent sur le fonctionnement du système en le régulant ou en l’amplifiant. Chaque système a son point d’équilibre, ses limites et ses points de bascule. Il est composé d’éléments, d’interactions et d’objectifs ou de fonctions. Il peut se décomposer en sous-systèmes, fait partie d’ensembles plus grands et se relie à d’autres systèmes. Bref, la complexité dans toute sa splendeur.
Selon Donella Meadows, « dès lors que nous percevons la relation entre structure et comportement, nous commençons à saisir comment les systèmes fonctionnent, pourquoi ils génèrent de mauvais résultats, et comment nous pouvons rectifier leurs schémas comportementaux. » Dans son livre, elle prévient qu’on ne pourra jamais maîtriser complètement un système quel qu’il soit, mais il est tout à fait possible de prendre en compte ses tendances et ses limites, et viser une stabilité.
Mon exploration de la Systémique a aussi été fortement nourrie par les conférences d’Arthur Keller et son Mooc sur Sator. La vision systémique chamboule nos croyances et même nos convictions. Elle fait prendre de la hauteur et permet de mieux comprendre le fonctionnement de systèmes dans lesquels nous vivons. Vu d’en haut, les « acteurs principaux » que nous jugeons dans les sphères politique et économique, deviennent de tout petits points, des éléments du système parmi tant d’autres, bien souvent interchangeables. Ils sont là parce qu’ils y ont été placés par la logique d’un système, et y répondent sans surprise. Les accuser de tous les maux est une perte de temps et d’énergie, nous ferions mieux de chercher à « rectifier les schémas comportementaux » des systèmes qui régissent nos vies et surtout, en créer des nouveaux.
Cette nouvelle année, je la démarre avec une série de 10 posts quotidiens sur la Systémique, pour partager cette prise de hauteur avec vous. Demain, place aux « risques systémiques » et à la politique.
[Mikhal Bak – Publié sur LinkedIn le 6 janvier 2026]