Reprise !

Après un printemps confiné, nous revenons peu à peu à des « activités normales » en ce début d’été… Convaincues encore plus qu’avant de l’importance de disposer de lieux permettant de bâtir et d’entretenir la proximité sociale, même en période de distanciation physique. Après le coup de frein du printemps, nous nous sommes remis au travail pour continuer de faire avancer le projet et de trouver les financements qui nous permettront, nous l’espérons, d’ouvrir L’Alternateur en 2021. En parallèle, nous continuons de faire tiers lieu hors les murs. Petit aperçu de ce que nous prévoyons pour l’été !

Echanger

Cela fait plus d’un an que nous organisons régulièrement des animations à l’Atelier, l’espace de coworking de la municipalité de Champigny. Au moment du confinement, nous avons décidé d’organiser des « cafés-coworking » en ligne, afin de maintenir le contact avec les coworkers. L’objectif était simplement de proposer, sur un créneau fixe et régulier, un petit espace d’échange et d’encouragement mutuel dans une période pas évidente. Nous avons apprécié ces rendez-vous, qui nous ont permis de mieux faire connaissance avec les gens et ont donné lieu à des échanges qui ne se seraient peut-être pas faits dans le cadre de l’Atelier, car un certain nombre de participants n’en avaient jamais poussé la porte.

C’est pour rester dans cette belle dynamique d’échange que nous avons organisé, le 29 mai dernier, un atelier participatif au cours duquel nous avons proposé aux coworkers qui le souhaitaient de partager une expertise ou une présentation sur une thématique de leur choix.

Cet atelier nous a confortées dans l’envie de continuer de proposer des animations avec et pour les freelances, entrepreneurs et (télé)travailleurs campinois (et des alentours) que cela intéresse cet été, en mettant en place une dynamique d’échange de compétences et d’expertise dans un cadre convivial et présentiel.

Sessions de codev’, ateliers sur la gestion des émotions, apéros coworking… La liste des thématiques possibles est en cours d’élaboration et sera définitivement fixée sur la base des envies et besoins de chacun. Alors si vous comptez passer une partie de l’été dans le coin et que l’idée d’intégrer un petit cercle d’entraide et d’apprentissage mutuel vous intéresse, nous vous invitons à nous écrire et/ou à répondre au sondage que nous avons mis en ligne !

Imaginer

Pour que le ralentissement contraint que nous avons connu au printemps ne soit pas qu’une parenthèse dans une histoire « convenue », nous restons convaincues de l’importance de créer nos propres récits pour bâtir la suite : une ville plus résiliente, où il fait meilleur vivre. C’est ce que nous poursuivons à travers le projet « Journal du futur, Champigny 2030 », une série d’ateliers que nous organisons depuis 2019 dans tous les quartiers de la ville, avec des habitants volontaires, pour imaginer avec eux leur quartier tel qu’ils veulent le voir demain.

A la date du confinement, il nous restait à organiser des ateliers dans un certain nombre de quartiers de la ville. Nous voulons profiter de l’été pour continuer d’alimenter le journal et ainsi le publier dans l’année. Nous participerons pour cela à plusieurs animations organisées par les services de la ville, et nous lançons aussi un nouvel appel à manifestation d’intérêts : si vous êtes Campinois·e et que l’idée de participer à un atelier créatif pour imaginer et (co-)construire l’avenir de votre quartier vous intéresse, n’hésitez pas à nous contacter pour que nous nous organisions !

Comprendre

La Fresque du climat, c’est un jeu de cartes et un atelier d’intelligence collective créé afin de sensibiliser au dérèglement climatique. Le format atelier permet, en trois heures chrono et dans un cadre ludique, de mieux s’approprier les mécaniques à l’œuvre derrière le changement climatique pour construire, en équipe, une « fresque du climat ». Depuis deux ans, plusieurs centaines de personnes se sont formées à la fresque avant de proposer cet atelier à leur tour, dans toutes sortes d’organisations (écoles, collectivités, entreprises, auprès du grand public…).

Après avoir suivi la formation, nous aimerions à notre tour proposer des animations autour de la Fresque du climat cet été, en format atelier ou quiz (plus léger) selon le contexte. Si vous souhaitez vous y essayer, n’hésitez pas à venir nous rencontrer ou à nous contacter pour en savoir plus.

Au plaisir de vous croiser bientôt, et un bel été à tous et toutes !

Notre contribution au “monde d’après”

« Crise Covid-19 : Comment inventer tous ensemble le monde d’après ? » C’était le titre d’une grande consultation citoyenne menée par La Croix-Rouge française, WWF France, Make.org et le Groupe SOS ainsi que plusieurs autres structures partenaires durant le confinement pour permettre à chacun·e de faire des propositions concrètes pour le “monde d’après”. En l’espace de 6 semaines, plus de 165 000 personnes y ont participé, soumettant 20 000 propositions et votant pour celles qui faisaient le plus de sens pour elles. Les quelque 1,7 million de votes enregistrés sur la plateforme ont permis aux organisateurs de faire ressortir les sujets les plus plébiscités : autant d’actions de bon sens, qui pourraient et devraient être menées sans tergiverser, puisqu’elles font massivement consensus. Les résultats complets de la consultation sont disponibles ici.

Parmi les sujets qui sont sortis largement du lot, on trouve la consommation alimentaire (favoriser la consommation locale et les circuits de proximité, se diriger vers une agriculture alternative), la limitation de la production de déchets et la relocalisation de certains secteurs économiques stratégiques en France et en Europe. Viennent ensuite, de façon très soutenue également, les préoccupations environnementales (progresser vers la ville durable, augmenter la durée de vie des produits, favoriser les mobilités écologiques et limiter les transports polluants, protéger la biodiversité, les espèces et leur milieu), économiques (modifier en profondeur notre modèle économique pour un système plus soutenable, mettre l’environnement et le social au cœur des politiques publiques et de la fiscalité, mieux considérer les métiers essentiels), démocratiques (redonner un pouvoir d’action et de décision au citoyen), éducatives (repenser l’éducation en faveur de l’humain et de l’environnement) et, bien sûr, sanitaires (rendre plus attractifs les métiers de la santé et donner plus de moyens aux hôpitaux).

Une lecture en creux de ces propositions décrit le monde dans lequel nous vivons : une économie mondialisée, consumériste, polluante et inégalitaire ; une agriculture productiviste ; une démocratie illusoire ; une éducation et des services publics où l’humain est davantage au service de l’économie que l’inverse. La crise du Covid-19 a démontré avec force combien tous ces sujets sont imbriqués et combien, globalement, notre modèle de société n’est pas seulement insoutenable sur le long terme, mais aussi terriblement vulnérable à très court terme.

Pourtant, le nombre de citoyens et d’organisations qui n’ont pas attendu le confinement pour s’en rendre compte, et qui agissent pour tenter  d’inverser la tendance est bien plus important qu’il n’y paraît. La dynamique des alternatives est forte, en France mais aussi de par le monde, mais elle peine à se rendre visible. C’est pour cette raison que des initiatives telles que la « La Fabrique des transitions », portée par Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle, fleurissent pour montrer toute l’ampleur et l’efficience de ces alternatives, et encourager un changement d’échelle. 

Aujourd’hui, avec le recul qu’a permis le confinement, même ceux qui regardaient cette dynamique de loin ou qui ne la voyaient pas du tout ne peuvent plus nier le caractère nécessaire et urgent de la résilience locale, de la protection de l’environnement, d’une transition vers une économie basée sur l’humain et la solidarité.

C’est pour faire émerger ce monde soutenable et souhaitable, avec la participation de tous – institutions, entreprises et société civile – que nous souhaitons soutenir les projets locaux qui permettront aux propositions mises en lumière par la consultation sur le monde d’après de voir le jour sur notre territoire. Ce sera la ligne directrice du programme d’incubation ESS de L’Alternateur, à travers lequel nous accompagnerons des porteurs de projets à donner vie à leurs idées.

Au sein des espaces de travail mutualisés de L’Alternateur, ces porteurs de projet côtoieront des professionnels : des entrepreneurs, des indépendants, des TPE, mais aussi des salariés qui, après avoir découvert ses atouts en termes de réduction de leurs déplacements, de gains d’autonomie et de productivité à l’occasion du confinement, auront fait le choix de réorganiser leur vie professionnelle en continuant à pratiquer le télétravail. À tous ces professionnels, L’Alternateur offrira un cadre adapté et stimulant, l’isolement en moins, avec les nombreuses valeurs ajoutées d’un espace de  coworking : rencontres professionnelles, événements, convivialité, sérendipité, mutualisation des outils et d’autres services.

Nous souhaitons faire de L’Alternateur un centre de ressources et un lieu de mutualisation des connaissances, dans lequel les entreprises pourront se former et acquérir les outils nécessaires à la transformation de leurs processus, pour opérer leur propre transition vers des modèles économiques plus circulaires et durables.

Afin que les habitants de Champigny trouvent eux aussi leur place au sein de cette transition, L’Alternateur proposera une large programmation à travers laquelle ils pourront mieux découvrir et comprendre les enjeux, passer à l’action (individuelle comme collective), apprendre (montée en compétences, gouvernance partagée…), et même soutenir et participer directement aux projets locaux. 

Voilà qui résume la feuille de route de L’Alternateur pour le “Monde d’après” à Champigny. C’est une feuille de route collective, que nous souhaitons nourrir et mettre en œuvre avec un réseau aussi large que possible. Si vous souhaitez rejoindre ce réseau, contactez-nous !

C’est quoi un Tiers Lieu ? Bout de réponse avec cette photo-souvenir d’une fresque réalisée par Sara Joban lors de la première étape du Tour des Tiers Lieux organisée par le collectif A+ c’est mieux, en janvier 2020